9- NON à la fusion... depuis Aix-Marseille
Extrait du texte d'un collègue d'Aix-en-Provence, maître de conférences en musique :
"(...) je vous conseille de combattre avec énergie toute perspective de fusion. Celle d'Aix-Marseille se révèle catastrophique pour les secrétaires, déjà. L'équipe qui dirige maintenant
l'université impose des démarches administratives extrêmement lourdes (documents à reproduire et à faire signer en plusieurs exemplaires à plusieurs échelons, démarches administratives rendues
plus complexes par la centralisation en une structure unique à Marseille), une charge de travail supplémentaire via l'internet, des procédures informatiques nouvelles (nouveau logiciel
unique très lourd à comprendre et à manier, livré presque sans formation aux personnels) et, évidemment, mutation de personnels dans d'autres services et externalisations au privé. Le
paiement est une épreuve pour les chargés de cours, surtout pour ceux qui attendent des documents pour justifier leur statut (notamment les intermittents du spectacle). Nos collègues de théâtre
sont pris à la gorge par tout ceci. Elle l'est aussi pour nous mais nous allons peu à peu le découvrir car tout se met en place (les six UFR de notre faculté des lettres sont en train de
disparaître).
Il y a aussi un problème de culture. Ce sont des gestionnaires issus du management qui sont au pouvoir.
Et, déjà, cette nouvelle université prend le chemin du privé. Notre président, un médecin ambitieux, qui
prétend être un ami du Président de la République, a annoncé dans la presse que les crédits attribués à la recherche ne seraient pas "saupoudrés" mais favoriseraient les laboratoires les plus
performants, ceux qui attireraient le plus d'étudiants, de chercheurs renommés, tout ceci bien sûr supposant l'usage de l'anglais au détriment du français...
La fusion crée des hiérarchies à l'intérieur de l'université. Elle profite essentiellement aux disciplines scientifiques jugées les plus performantes. Le secteur des lettres et du droit est
un secteur d'appoint,
jugé peu rentable et secondaire dans cette voie. Soyez donc très vigilants. Les universités les plus performantes au monde sont très petites. Les monstres bureaucratiques comme le nôtre
fonctionnent déjà au détriment de leurs personnels. De plus, notre université souffre d'une dispersion géographique
qui alourdit son fonctionnement.
J'espère que votre prochain président sera proche de la présidente de Montpellier III qui a refusé la fusion !"