7- Profession de foi
Une équipe, un projet pour une communauté
Scrutin du 6 mars 2012
Chère Collègue, cher Collègue,
Le 6 mars, nous allons élire nos représentants aux trois conseils centraux de l’université.
Bordeaux3-Partages présente à vos suffrages des femmes et des hommes qui s’engagent sur des valeurs et un projet.
Démocratie et collégialité
La collégialité, c’est la participation de la communauté, des conseils et des instances à l’élaboration de la politique de l’établissement. Cette collégialité est gage de transparence. Elle se fonde sur l’écoute et le partage de l’information.
Nous sommes attachés :
- au principe de l’équité sans quoi la solidarité est un vain mot et la communauté cesse d’être telle ;
- au respect dû aux personnes quel que soit leur rôle ou leur statut ;
- à une université de service public ouverte à tous les étudiants et écartant toute dérive vers un marché concurrentiel qu’il s’agisse de formation, de recherche ou d’insertion professionnelle.
Ces principes, nous les porterons à la Conférence des Présidents d’Université (CPU) et auprès de tous les organismes qui fédèrent les acteurs de l’université au niveau national. Nous demanderons :
- de substantielles modifications à la LRU, qui a établi une autonomie en trompe l’œil et réduit l’expression démocratique ;
- l’abrogation de la réforme de la formation des enseignants de premier et second degrés et son remplacement par un autre texte associant une véritable formation professionnelle à une formation universitaire ;
- la refonte totale des critères et des modalités des évaluations confiées actuellement à l’AERES, comme ceux employés pour le financement et la dotation en emplois des établissements ;
- un rééquilibrage du financement de la recherche, de l’ANR vers les UMR et EA.
Nous et la « Nouvelle Université de Bordeaux »
A la rentrée 2010, trois universités du site bordelais (UB1, UB2, UB4) avec Sciences-Po et l’IPB (Institut Polytechnique de Bordeaux) ont décidé d’ouvrir le chantier de construction de la « Nouvelle Université de Bordeaux » (NUB) sur le modèle d’un établissement unique de type dérogatoire appelé « grand établissement », à l’horizon du 1er janvier 2014.
Bordeaux 3 a toujours marqué son attachement à aller plus loin dans le PRES et à rechercher les voies d’une plus grande intégration. Mais le chemin de la NUB proposé par nos partenaires est impossible à suivre pour plusieurs raisons. Il n’y a jamais eu la moindre réflexion sur l’intérêt, en termes de formation et de recherche, qu’il pouvait y avoir à créer un établissement fusionné rassemblant 70.000 étudiants. Les notions d’« attractivité », d’« excellence », de « lisibilité internationale », très souvent employées pour justifier la formation de cet établissement unique, peuvent paraître un peu vides face à des valeurs de « mission de service public ». La collision entre le processus de fusion et le « Grand Emprunt » peut aboutir, à terme, à des conséquences inacceptables pour plusieurs filières de notre établissement. A la faveur des vacances de postes enseignants et administratifs, dans la « NUB » fusionnée, les moyens humains seraient en effet dirigés vers les projets retenus comme d’excellence. Or, ces pôles d’excellence, définis en 2008 par le PRES, ne concernent que très marginalement nos filières.
Le processus de regroupement des établissements bordelais dans une université unique a connu en décembre dernier des ratés, la « note d’étape » sur le chemin de la « NUB » n’ayant été validée que par deux des établissements engagés dans ce mouvement.
Après le renouvellement des conseils centraux et de l’équipe présidentielle autant à UB3 que dans les autres universités de Bordeaux, il faudra reprendre les discussions avec nos partenaires. Nous pourrons désormais le faire en meilleure position, sachant que nous avons, dans tous les établissements, des collègues qui partagent notre point de vue. Nous défendrons la perspective d’une construction universitaire de type fédéral. Dans le cas où notre proposition ne serait pas entendue, nous consulterons par référendum l’ensemble de notre communauté qui aura ainsi à s’exprimer directement sur son avenir.
Des engagements clairs
- la politique de la recherche conciliera trois logiques propres : le parcours individuel des chercheurs, la politique des équipes, le projet d’établissement. Son lien avec la politique éditoriale sera renforcé. Nous créerons une base de données de la recherche à Bordeaux3 afin de la rendre plus visible en interne et à l’extérieur ; nous créerons également un Institut de la pensée contemporaine Bordeaux3 ainsi qu’une Nuit de la Pensée et des Savoirs.
-au chapitre des formations, l’étape du mi-quinquennal en 2014 sera abordée dans le cadre d’une réflexion globale (volumes horaires, crédits, référentiel des compétences, modalités du contrôle des connaissances). Cette étape doit nous permettre de promouvoir une offre de formation pluridisciplinaire. Elle sera l’occasion de mettre en place des dispositifs pour les étudiants en situation particulière. Nous renforcerons l’enseignement à distance, la formation continue et en alternance. Les TICE constitueront un vecteur fort de nos projets.
- en matière de « gouvernance », nous améliorerons le fonctionnement des conseils centraux. L’assemblée des trois conseils sera réunie au moins deux fois l’an dans le cadre d’un débat sur la situation générale et les orientations de la politique de l’établissement. Une formation sera proposée aux élus des conseils. Le site web de l’université, qui abritera les sites des UFR et des équipes de recherche, sera reconstruit. Un kiosque ou « point informations» sera créé.
- dans une perspective décentralisatrice, nous entendons renforcer le rôle politique des UFR, accroître leur pouvoir d’initiative sur elles-mêmes car les UFR s’appuyant sur les départements rassemblent les différentes catégories qui composent notre communauté. De même, nous ferons vivre le Contrat d’Objectifs et de Moyens (2011-2015) qui lie l’université et l’IUT. Une démarche contractuelle du même type sera engagée avec l’IJBA.
- des infléchissements seront apportés à la réforme interne avec, dans l’immédiat, l’élection d’un conseil de département comprenant des représentants enseignants et étudiants élus, et le ou les référents BIATOS du département, non élus, car chaque département aura ses référents administratifs. Un « audit » extérieur sur les effets de la réforme interne suivra au cours duquel seront associés tous les acteurs de l’université.
- nous poursuivrons la politique immobilière engagée ces dernières années avec nos partenaires institutionnels (PRES, Conseil Régional) : politique d’infrastructures (Maison des Sciences Archéologiques, Bibliothèque des Langues, Maison de la Recherche, Maison Internationale des Langues et des Cultures) ; réhabilitation de nos bâtiments ; mise en cohérence de nos espaces conformément au schéma directeur adopté en 2010 ; aménagement du campus.
- dans le domaine des Relations internationales, nous concevrons un document unique et facilement accessible pour tout ce qui concerne les procédures et le calendrier des opérations relatives aux mobilités et nous rendrons notre offre de formation plus lisible aux étudiants étrangers.
- la qualité de la vie à l’université est une de nos préoccupations essentielles ; nous veillerons à ce que la Direction Vivre à l’Université ait les moyens de poursuivre ses missions afin que soient traités concrètement tous les aspects, qu’il s’agisse du sport, du social, de l’environnement, de la culture et de la vie étudiante, de l’accueil des handicapés.
Notre communauté a été quelque peu malmenée ces temps derniers par le train de réformes que nous avons subies et celles que nous avons-nous-mêmes engagées. Des tensions diverses en ont résulté. Chacun a pu s’interroger sur le sens de ce qu’il faisait. Corriger ce qui doit l’être, restaurer de la proximité, améliorer nos conditions de travail, clarifier les enjeux pour notre université, proposer des réponses élaborées dans le dialogue et qui ne fassent pas fi des valeurs que nous avons tous ici en partage dans notre université, c’est dans cette direction que nous vous proposons d’avancer.