Pour un nouveau départ (et liste des signataires)

Publié le par bordeaux3partages

Nous sommes à quelques semaines du renouvellement des conseils de l’université et de l’équipe politique qui sera appelée à sa direction. 

Nous présentons ici quelques réflexions sur ce que nous pouvons envisager pour demain, à la lumière du contexte de ce moment et en tirant les leçons des trois années écoulées. Certaines choses  ont été faites, d’autres mal faites ou pas faites du tout. Cependant, il ne s’agit pas ici de dresser un bilan exhaustif, ni de livrer clé en main un programme, mais d’abord de présenter des perspectives à caractère général qui feront l’objet d’un débat avec toute la communauté universitaire.

Quelles sont ces perspectives ?

Tenir à distance la LRU

Texte officiel de la LRU sur : link

Pour les années qui viennent, nous continuerons à marquer notre distance vis-à-vis de la loi LRU avec les menaces qu’elle porte en elle, la gestion « managériale » de notre université, une certaine présidentialisation du pouvoir, en rupture avec la collégialité et la transparence dans la prise de décision. Sur ce plan, il s’agit de  conserver pleinement aux CS et CEVU, chacun dans leur domaine, le rôle d’orientation de la politique universitaire face au CA. 

A cet égard, la question de la formation des élus et de leur information devra être une préoccupation centrale, comme celle de l’articulation entre elles des structures au sein desquelles se développe la discussion concourant à l’élaboration de la décision (Assemblée générale du département, Conseil d’UFR, Conférence des directeurs d’UFR, Conférence des directeurs d’équipes de recherche, Conférence des directeurs de services, Comité technique…)

L’université de Bordeaux

Notre université ne doit pas craindre de s’ouvrir sur son environnement extérieur, qu’il s’agisse des autres établissements du site bordelais ou du monde des entreprises. Pour cette raison, nous disons « oui » à une université de Bordeaux unique – mais « non » au modèle qu’on nous propose à ce jour. Le cadre de la « Nouvelle Université de Bordeaux », intégrateur et dissolvant des identités disciplinaires, n’est pas notre horizon. Monter dans un train dont la destination est connue d’avance, mais dont nous laisserions croire que nous pourrions en modifier la destination en manipulant l’aiguillage – c’est une aventure que nous refusons de courir. Ce serait pure tromperie. Notre conception n’est pas celle d’un « grand établissement » intégrateur, mais d’une université de Bordeaux de type fédéral dans laquelle la part de l’inter universitaire, renforcée, procède de la gestion commune, mais où chaque établissement reste maître des choix qui le concernent en propre, c’est-à-dire reste maître de ses moyens humains et financiers. Nous refusons de nous engager plus avant tant que des garanties fermes ne nous seront pas données à ce sujet. En ce mois de décembre, divers événements viennent de montrer que, sur ce positionnement, nous ne sommes pas aussi isolés que d’aucuns le croient et le répètent.

Resserrer les liens avec les partenaires extérieurs

L’insertion  de nos étudiants dans la vie active, le monde du travail doit être notre constante préoccupation, quelles que soient les filières et les disciplines. Elle n’entame en rien notre conception de l’université et de l’enseignement supérieur comme lieu d’acquisition d’un savoir académique, sans vocation utilitaire immédiate (ou « au service de »), comme lieu  de la réflexion et de la critique sociales. Si le modèle  de l’université ne doit pas être celui de l’entreprise quant à son fonctionnement, si on ne peut concevoir qu’elle soit au service de l’entreprise tant au plan des formations qu’elle dispense qu’au plan de la recherche, l’université ne doit pas ignorer le monde entrepreneurial, ni non plus tous ses partenaires hors les murs, comme les collectivités territoriales.

Une offre de formation soutenable, pour un meilleur service rendu aux étudiants et de meilleures conditions de travail

L’offre de formation, telle que nous l’avons établie pour le quinquennat qui vient de s’ouvrir (2011-2015) et telle que le ministère l’a validée, n’est pas soutenable au plan financier, ni exécutable pratiquement. Il nous faudrait 179 postes d’enseignants-chercheurs supplémentaires (contre 49 dans le cadre de l’offre précédente) pour pouvoir l’assurer par nos moyens propres.  La moitié de notre charge pédagogique est aujourd’hui assurée par des heures complémentaires ou des chargés de cours. Nous sommes à la limite de l’externalisation de nos enseignements, ce qui, on en conviendra, ne correspond pas à ce que nous sommes.  En outre, le poids que  la gestion de cette offre de formation accrue fait peser sur le personnel  administratif des UFR n’est pas supportable non plus. Pour toutes ces raisons, le recalibrage s’impose ; il faut absolument engager le chantier de la révision de nos maquettes, avant même le mi quinquennal, mais il faut le mener avec intelligence, en favorisant la transdisciplinarité d’abord dans le cadre  des nouvelles UFR et en privilégiant le lien entre recherche, formation et insertion professionnelle.

Adapter la réforme interne

Depuis 2007, notre université a été en perpétuel mouvement de réforme. Pour une part, l’impulsion de ces réformes a été extérieure à nous-mêmes : loi LRU, «mastérisation » des concours de recrutement des enseignants à laquelle nous avons apporté une réponse originale et qui a fait école, élaboration d’une nouvelle offre de formation. D’autres réformes relèvent de notre propre choix : réforme des modalités de contrôle des connaissances, avortée, réforme interne.

La réforme interne est en cours.  Elle est entrée en application il y a un peu plus d’un an, le 1er septembre 2010. Elle n’est pas terminée. De 11 UFR nous sommes passés à 3. Nous avions plus d’une douzaine de services ; nous comptons aujourd’hui une demi-douzaine de grandes directions  qui devront être spatialement regroupées, à défaut de quoi elles ne seraient qu’une simple construction virtuelle, un bel organigramme sur le papier. Elles doivent exister plus fortement et donc fonctionner mieux. Cette dimension immobilière de la réforme interne ne dépend pas que de nous. Il nous appartient dans le cadre de l’opération Campus notamment (mais pas seulement) d’en fixer les priorités. Il y a quelques mois, la première de ces priorités a été arrêtée : l’aménagement d’une bibliothèque des langues.

Si la réforme interne n’est pas achevée, elle mérite cependant, s’agissant des UFR, un infléchissement. Avec la réforme, les tâches dans les bureaux se sont émiettées, sont devenues parfois répétitives, le travail est vécu parfois comme ayant perdu de son sens. Il est clair également  que nous avons perdu en « proximité » dans l’écoute et le service rendu aux enseignants et aux étudiants. Un comité de suivi de la réforme a été mis sur pied au début de 2011 ; il a visité et interrogé presque tous les collègues et les responsables administratifs de l’établissement, les directeurs d’UFR et de département. Les conclusions qu’il a rendues méritent d’être étudiées de près, portées à la discussion des collègues enseignants aussi, afin de corriger les dysfonctionnements relevés, dans le cadre d’un accord le plus général possible. Enfin, les questions de la place et du rôle des départements dans les UFR doivent être posées ; il s’agit ici de trouver un nouvel équilibre.

Ceci étant, il est clair qu’il faut sortir de la réforme incessante. La lassitude sinon l’épuisement sont patents. Le temps est venu de l’ajustement, de l’appropriation par tous du nouveau cadre de notre organisation, des nouveaux outils gestionnaires dont nous nous sommes dotés et ceci dans le cadre d’une pause,  dès lors que l’on nous laissera respirer… Il faut une stabilisation des choses. C’est une des conditions à l’amélioration de notre quotidien de travail et de notre efficacité.

Redonner du sens

Notre communauté a été quelque peu malmenée ces derniers temps par le train de réformes que nous avons subies ou celles que nous avons nous-mêmes engagées. Des tensions diverses en ont résulté. Chacun a pu s’interroger sur le sens de ce qu’il faisait.  Précisément, la question est celle du sens. La réponse est dans la décision co-construite et l’information partagée, l’une n’allant pas sans l’autre. Ce dont il s’agit au fond, c’est de faire émerger une « culture d’établissement » qui n’a rien à voir avec la «culture d’entreprise » dès lors que celle-ci serait confondue avec une culture de la performance. Mais, bien sûr, il ne s’agit pas non plus de nier ce qui fait les spécificités de tel ou de tel ; il faut trouver ici aussi un point d’équilibre.

Clarifier les enjeux pour notre université, leur proposer des réponses élaborées dans le dialogue et qui ne fassent pas fi des valeurs que nous avons nous tous ici en partage, c’est dans cette direction que nous devons nous engager aujourd’hui.

 

Liste des signataires par ordre alphabétique, actualisée le 22 février 2012 à 16h30 :

Philippe Araguas, Aurélie Arcocha, Patrick Baudry, Véronique Béghain, Ayed Ben Amara, Kathy Bernard, Ana Maria Binet, Françoise Bonnet, Grégory Bonnin, Christian Bouquet, Christophe Bouton, Frédéric Boutoulle, Fabienne Brugère, Patrice Brun, Hélène Camarade, Laurent Capdetrey, Carole Carribon, Laurence Cavalier, Rémy Chapoulie, Alain Contis, Cécile Croce, Eve de Dampierre-Noiray, Jacques des Courtils, Marie Dinclaux, Marie-Bernadette Dufourcet-Hakim, Stéphanie Durrans, Lucy Edwards, Jean-Paul Engelibert, Magali Fleurot, Ghislaine Fournès, Aurélia Gaillard, Pierre Garcia, Christian Gensbeitel, François Godicheau, Elvire Gomez-Vidal, Alexis Gorgues, Pierre Guibert, Jean-Paul Jourdan, Catherine Kancellary-Delage, Valérie Kociemba, Lia Kurst, Bernard Lachaise, Christine Lacoste, Maïalen Lafite, Christelle Lahaye, Frédéric Lambert, Thierry Lancien, Guy Latry, Sébastien Laurent, Sandrine Lavaud, Linda Lawrance, Guillaume Le Blanc, Catherine Lisak, Philippe Loquay, Elisabeth Magne, Hélène Margerie, Kamala Marius-Gnanou, Pascale Mélani, Anne Michel, Catherine Moreau, Milagros Navarro, Nicole Ollier, Kim Sang Ong Van Cung, Alexandre Péraud, Gérard Peylet, Dominique Picco, Isabelle Poulin, Sophie Rachmühl, Yves Raibaud,  Joël Richard, Jérôme Roger, Pierre Sauvanet, Takaaki Shochi,  Hélène Vélasco, Jean-Pierre Vosgin    

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Si vous souhaitez être signataire de ce texte, vous pouvez le signaler à :

Frédéric LAMBERT :   frelambor@gmail.com

 

 

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Publié dans Texte de base

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E
Texte adressé aux 3 listes<br /> <br /> Les 3 équipes constituant actuellement des listes de candidatures d’enseignants-chercheurs ont ouvert un blog. Or, une des vertus fort appréciée d’un tel outil est l’interactivité.<br /> Certes, on comprend que le choix s’est porté en priorité sur la publication d’articles ainsi, notamment, que l’affichage d’actus et d’un calendrier.<br /> Mais comme vous avez tous manifesté un désir d’échange, et sauf à vous contenter pour cela des réunions publiques, fort utiles au demeurant, le fait d’activer la fonction « commentaires » sur vos<br /> blogs signifie que vous en attendez quelques chose.<br /> A défaut de répondre aux commentaires, ce qui serait déjà une façon de souligner votre envie de dialogue, il serait bon qu’au moins les candidats sur les listes fassent un effort de présence : je<br /> suis le seul, apparemment, en 2 semaines, à avoir posté sur 2 des 3 blogs, et je ne suis candidat nulle part !
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