Formations : Bilan et perspectives
Le développement ambitieux de l’offre de formation que nous avons souhaité ces dernières années émanait du souci d’encourager l’innovation et de permettre l’inclusion dans nos maquettes des actions du Plan Réussite en Licence tout en affirmant les spécificités de chaque formation.
Aujourd’hui il convient de consolider, d’améliorer, d’affiner et d’asseoir toutes ces actions. Nous avons mis en place beaucoup de nouveautés : l’UE langue, l’UE PPE, les actions de formation personnelle et l’évaluation des formations. Le bilan qui sera fait en avril, après la fin des cours, ouvrira le dialogue entre les responsables de formation, les directeurs de département et d’UFR, les BIATOS et l’équipe présidentielle afin d’amorcer ces ajustements dans le respect des spécificités de chaque formation. S’il doit y avoir une cohérence entre les différentes formations nous pensons qu’il est tout aussi nécessaire d’avoir une certaine souplesse afin de véritablement respecter l’identité de nos formations.
Ce désir s’est heurté aux réalités financières que l’insuffisant engagement de l’Etat a dictées (0,9 million d’euros manquants). Aujourd’hui, malgré le travail et l’investissement de chacun, nous constatons son inapplicabilité : nous ne disposons ni des locaux ni des moyens financiers, ni des moyens humains nécessaires.
La lettre de cadrage de décembre 2011 marque un tournant et montre clairement notre volonté de décentraliser la prise de décisions. L’expérience des mois précédents et le recul pris aujourd’hui nous ont convaincus de la justesse de la méthode choisie: propositions élaborées au sein des équipes pédagogiques de chacune des formations ; consolidation au niveau du département ; validations par la direction de l’UFR dans le cadre d’une enveloppe horaire donnée. Ce dernier recalibrage nous permettra de limiter les effets de l’annualisation et avoir une vision à plus long terme pour calculer une marge de développement réelle tout en assurant la pérennité de nos formations. Après tant d’effort il nous semble primordial de consolider le travail fait et c’est une des raisons pour lesquelles nous souhaitons fixer le fonctionnement effectif du mi-quinquennal pour la rentrée 2014.
1. Orientations d’ensemble
L’offre de formation, comme la recherche, est une dimension essentielle de l’identité de l’université de Bordeaux 3. Toutes nos propositions ainsi que le suivi et l’amélioration des actions lancées par l’équipe actuelle, nécessitent une organisation interne basée sur l’écoute, la concertation, la collégialité, la communication et la responsabilisation des différentes composantes de l’université.
Le terme « innovation » est souvent brandi comme une panacée mais, au cours des deux années pendant lesquelles nous avons travaillé avec beaucoup de collègues, nous avons constaté la richesse et l’implication des enseignants et des BIATOS pour trouver des solutions créatives et applicables à des problèmes d’ordre pédagogique ou administratif. Avec la stabilisation de l’offre de formation nous pourrons enfin trouver le temps de travailler ensemble pour que des idées innovantes émergent et ne soient plus imposées comme une fin en soi par le haut.
Pour atteindre cet objectif d’organisation, des actions concrètes ainsi que des calendriers tenables et annoncés à l’avance doivent permettre l’implication de chacun afin de (re)créer une dynamique et une confiance.
2. Continuité
- Suivi du contrat quinquennal
Dans la perspective du mi-quinquennal nous pourrons réfléchir plus sereinement (entre septembre 2012 et mai 2014) à la mise en place des différents éléments que l’arrêté de licence nous impose à la rentrée 2014 avant de nous pencher de nouveau sur les formations pour affiner et ajuster les contenus. Nous aurons le temps d’innover et expérimenter (en termes de format de cours, contenus, moyens d’apprentissage pour les étudiants assidus et/ou non assidus) avant de modifier éventuellement les maquettes et les MCC, exploiter les différents indicateurs à la disposition de chaque responsable de formation et en tirer les conclusions pour ajuster les UE, les volumes horaires et ECTS si cela est jugé opportun par l’équipe de formation.
Nous travaillerons en amont avec les directions d’UFR et les départements afin de solliciter les responsables de formation une seule fois pour les différents aspects, c’est-à-dire les ECTS, les volumes horaires, les référentiels de compétence et les modalités de contrôle de connaissances.
Dans la poursuite de la décentralisation les départements doivent être davantage valorisés qu’ils ne l’ont été, être inscrits comme pôles réels de référence et de compétence à côté des UFR.
- Evaluation de formations
Ce processus a commencé à la rentrée 2011, la déclaration d’intention de Bordeaux 3 ayant été votée par le CEVU du mois de mars 2011. Aujourd’hui un comité de pilotage composé d’enseignants-chercheurs, étudiants et BIATOS élabore la partie concernant la vie universitaire ainsi qu’une banque de données des questions possibles par UE. Ce dispositif fera l’objet d’un bilan lors du CEVU du mois de mai.
Si la déclaration de Bordeaux 3 stipulait qu’il s’agissait de procéder de façon volontaire, l’arrêté de licence rend cette évaluation obligatoire pour tous les enseignements à l’horizon de 2014. Nous veillerons à une mise en application respectueuse qui permet d’ouvrir le dialogue entre les enseignants et les étudiants dans le but de faire évoluer nos formations.
- Les actions de formation personnelle
Les actions de formation personnelle sont également un dispositif en cours de consolidation. Les premiers projets ont été présentés au CEVU du 26 janvier 2012 et feront également l’objet d’une évaluation en fin de semestre. Ces actions devraient augmenter. Il nous reste à mettre en place une gestion adéquate de plus grande échelle.
- L’insertion professionnelle : un dialogue constructif et intérêt réciproque
L’enjeu de la formation ne se pose pas seulement en termes d’adaptabilité au marché du travail, coupé de la culture et du savoir académiques. Avoir le souci de l’insertion professionnelle n’est absolument pas se sacrifier à un quelconque utilitarisme, mais se préoccuper de l’avenir de nos étudiants. Toutes nos formations constituent un passeport pour le travail comme le montrent les taux d’insertion professionnelle de nos étudiants titulaires de licences ou de master généralistes. Faire davantage connaître nos formations à l’extérieur, s’ouvrir sur le monde du travail dans le cadre de rencontres et de partenariats sont ici des impératifs. Développer des synergies entre l’université et le monde du travail comme nous l’avons fait avec les « Co-incidences » s’inscrit dans cette perspective de dialogue constructif et d’intérêt réciproque.
Ce dialogue doit se poursuivre dans le développement du service de la formation continue, capable de satisfaire les besoins de reconversion et d’évolution des qualifications.
- La formation ouverte à distance et FAD
Tout en consolidant notre offre de formation, nous souhaitons établir un modèle économique viable pour la formation à distance qui doit être plus efficace et couvrir plus de formations. Encore une fois c’est en travaillant avec les équipes et les référents FAD par UFR que nous pourrons améliorer notre offre à distance et l’innovation doit venir des équipes pédagogiques qui trouveront un véritable support logistique et technique auprès de l’espace TICE et de la DE.
Il faudra réfléchir à l’Intégration de la rémunération FAD dans le référentiel des équivalences horaires. Il faudra élaborer une Charte de l’utilisation numérique avec une partie FAD/FOAD. De cette façon on peut décider ou non d’intégrer la conception des cours dans les services prévisionnels et donc dans le calcul des heures complémentaires au lieu de les payer séparément. Ces décisions nécessitent une mise à plat des procédures et la constitution d’un comité de pilotage FAD/FOAD et UFR.
Nous souhaitons aussi engager une réflexion sur ce qu’apporte l’interactif, ce qu’on en attend. Nous engagerons une réflexion sur i-Tunes U, le travail collaboratif, les forums, chats, à travers les réseaux sociaux, les droits d’auteur.
- La mastérisation
Le nouveau cadre imposé à la préparation aux concours a entrainé une réorganisation profonde et souvent complexe de la préparation à ces concours. Le souci a été de ne pas cloisonner recherche et enseignement en maintenant au moins une initiation à la recherche pour les étudiants ayant choisi les parcours CAPES et en permettant aux étudiants ayant choisi le master recherche de se préparer aux concours s'ils le souhaitent. Cette position va à l'encontre de ce qui a été fait dans nombre d'universités où préparation aux concours et filières de recherche ont été entièrement dissociées. Ce choix est né d'une conviction profonde qu'il serait absurde de dissocier recherche et enseignement dans une université où le débouché professionnel essentiel est précisément l'enseignement. Il reste cependant des progrès à faire pour une réelle harmonisation des filières.
L'obligation d'attribuer des notes pour le master 2, année de passage du concours de nos étudiants, notes indépendantes des résultats du concours, a posé quelques problèmes, donnant lieu à une nouvelle catégorie d'étudiants: les reçus collés: étudiants reçus au master et collés au concours ou étudiants, moins nombreux, reçus au concours et collés au master. La première catégorie a la possibilité de préparer de nouveau le concours en s'inscrivant dans une année spéciale, la seconde est bien embarrassante et incite les enseignants à donner le master à tous les étudiants admissibles aux concours, ce qui pose parfois certains problèmes éthiques.
Ce choix d'associer séminaires de recherche et préparation aux concours a entraîné dans plusieurs disciplines un surcroît de travail assez conséquent pour les étudiants qui préparaient les concours. Il conviendrait donc de revenir sur l'obligation qui leur est faite de préparer en plus le C2i2e et le CLES 2 ou de préparer ces certifications en amont du master.
D'autre part, si tous les étudiants de BX3 qui ont demandé une bourse spécifique pour préparer le CAPES ont été exaucés cette année, il n'en va pas de même pour les agrégatifs puisque un arrêté ministériel a supprimé toute aide spécifique en dehors de l'aide au mérite, qui touche très peu d'étudiants et de l'aide sur critères sociaux. Il conviendrait d'envisager une aide spécifique pour les agrégatifs du type de celle accordée aux candidats au CAPES.
3. Propositions spécifiques
Agir pour tous les étudiants en situation particulière
- Dispositif d’accompagnement pour les étudiants en régime spécial
Nous mettrons en place un dispositif d’accompagnement pour les étudiants en régime spécial (dispensé d’assiduité). En 2010-11 660 étudiants en première année de licence étaient dispensés (par exemple 20% de l’effectif en anglais, c’est-à-dire 126 étudiants ; 21% en histoire c’est-à-dire 96 étudiants ; 13% en histoire de l’art c’est-à-dire 51 étudiants). Avec la commission de la pédagogie, on pourra élaborer des propositions en fonction du nombre d’étudiants en régime spécial par formation. Cela nous permettra de mettre en place un dispositif différencié selon le nombre d’étudiants et la formation concernés. Plusieurs idées méritent réflexion – quelques TD le soir entre 18h et 20h par semestre, des cours et conseils en ligne, l’accès à une plateforme dédiée ou l’animation d’un réseau social pour créer un lien entre les étudiants et la communauté universitaire.
A nous d’inventer le dispositif qui correspond à la formation – en respectant les spécificités de chaque formation et en travaillant avec les UFR, les départements, les équipes de formation et les représentants des étudiants.
- Aider les étudiants n’ayant pas le niveau requis
Souvent en échec, les étudiants issus des bacs pro et techno constituent aujourd’hui 20% de notre population étudiante en L1. Il faudra se pencher sur ces étudiants car leur taux de réussite est bien en dessous de la moyenne malgré un taux de présence aux examens de 76%. Il faut réfléchir à la manière de les aider à suivre efficacement les cours et obtenir un diplôme. Plusieurs pistes sont envisageables :
une licence sur 4 ans avec une première année centrée sur la remédiation et l’obtention d’un nombre réduit de UE ; un semestre rebond ; un tutorat (L3 pour L1 par exemple), un suivi plus individualisé etc.
Le CEVU - une compétence légitime incontournable
Le rôle du CEVU ainsi que sa légitimité doivent être clairs pour tous : un lieu de réflexion et de proposition autour de toutes les questions qui touchent à la vie étudiante, aux études, à la scolarité et à la mise en œuvre de l’offre de formation. C’est pourquoi nous proposons:
- d’assurer une formation des conseillers
Etre membre élu du CEVU implique une connaissance de la réglementation, des différents aspects de la scolarité, une connaissance des impératifs de toute notre communauté, enseignants-chercheurs, étudiants ou BIATOS. (ex calendrier universitaire, décalage CM et TD, régime spécial etc) ;
- de pérenniser le calendrier prévisionnel des réunions
Depuis mai 2011 nous avons mis en place un calendrier prévisionnel sur 12 mois qui permet aux conseillers mais également aux RA et directeurs d’UFR de pouvoir anticiper, organisant de façon plus sereine les conseils d’UFR. Il reste cependant un travail à faire afin que les documents et ordres du jour soient envoyés quinze jours avant le CEVU et pour que les ordres de jour ne soient pas chargés ce qui implique une meilleure anticipation.
- de réactiver la commission de la pédagogie
Pour cause d’urgence, il n’a pas toujours été possible de convoquer cette commission qui doit permettre la préparation du CEVU et l’appropriation par chacun des dossiers à traiter. Nous proposons de rénover le rôle de cette commission en faisant travailler les conseillers sur des points précis et à plus long terme. L’action de cette commission doit s’inscrire dans le temps ;
- de réactiver la commission mixte pédagogie et recherche
Cette commission travaillera sur les points suivants :
- sur le sens du R d’UFR ;
- sur les liens entre les étudiants de masters et les doctorants ainsi que les enseignements communs et mutualisés possibles.
- de réactiver la commission mixte pédagogie et recherche
Améliorer la communication et l’accès à l’information au sein de notre communauté
Actuellement il n’est pas simple de trouver rapidement les documents concernant les études et la Scolarité.
- Une rubrique « scolarité » dans l’ENTP nous semble indispensable afin que chacun puisse trouver rapidement l’information recherchée ainsi qu’un contact en cas de besoin.
- FAQ scolarité ainsi qu’un SOS étudiants
Sur le site étudiant une rubrique FAQ scolarité ainsi qu’un SOS étudiants seront créés afin d’apporter des réponses aux demandes étudiantes en matière de scolarité et d’accès à l’information.